Florence Ott est une archiviste et une historienne française qui a émigré au Canada en 2006. Elle est titulaire d’un doctorat en histoire et civilisation de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris et d’un master d’archivistique de l’Université de Haute-Alsace. Elle est actuellement professeure en gestion de l’information à l’Université de Moncton, campus de Shippagan. Son travail porte sur la gestion documentaire et le
patrimoine institutionnel religieux acadien. Elle est la coauteure du livre sur l’Académie Sainte-Famille publié pour le centenaire de cet édifice en 2012.

Au XIXe siècle, la lèpre sévit dans le nord du Nouveau-Brunswick, et les lépreux sont abandonnés à eux-mêmes dans le lazaret de Tracadie où ils ont été enfermés. Le clergé fait alors appel aux Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph de l’Hôtel-Dieu de Montréal pour venir soigner ces malheureux et apporter des soins à la population déshéritée francophone.

Le 29 septembre 1868, les paroissiens de Tracadie vont accueillir les six fondatrices avec joie et les aider dans les premiers temps à fonder leur monastère alors qu’elles manquent de tout, mais non de foi inébranlable en la Providence divine. Dans une province dirigée en grande partie par un gouvernement protestant et des évêques catholiques anglophones, ces religieuses francophones vont savoir convaincre les plus récalcitrants et édifier une oeuvre qui est à la base du réseau des services de soins de santé francophones.

Après Tracadie, le nord du Nouveau-Brunswick sera une terre de missions fécondes. Il y aura notamment les fondations de l’Hôtel-Dieu de Campbellton en 1888, du premier sanatorium francophone à Bathurst en 1932 et de l’Hôtel-Dieu de Bathurst en 1942, sans oublier les écoles d’infirmières. Après 150 ans, cette commémoration est une reconnaissance adressée aux derniers témoins de cette histoire de dévouement et de compassion.