Lorraine Roy est l’aînée d’une famille acadienne de onze enfants et réside à Beresford. Après avoir obtenu un bac ès arts et un bac en pédagogie à l’Université de Moncton, elle enseigna le français et les arts plastiques aux niveaux primaire et intermédiaire dans les écoles publiques de la région. Après vingt ans consacrés à sa carrière, elle dut y mettre un terme en raison d’un problème de mobilité relié à une maladie génétique désignée sous le nom d’amyotrophie spinale juvénile (SMA), une affection neuromusculaire à progression lente (dans son cas) qui rendait ses déplacements périlleux.

Lorraine a touché au cours des ans à presque toutes les formes d’activités créatives qui pointaient au bout du pinceau. Elle puise dans ses projets une joie et une énergie la conduisant parfois à l’épuisement et, comme elle le dit elle-même, aux « extrasystoles ». Elle est passée à l’écriture, affirme-t-elle, au moment où ses pinceaux ne répondaient plus aux commandes de son imaginaire.

J’ai fait mon ciel d’un nuage est son premier livre. Guidée par son amour de la langue française, l’auteure y raconte les choses telles qu’elle les a vécues, sans faux-fuyants et sans misérabilisme.

« Bien qu’ayant souhaité naïvement que cette cascade de mots à l’écran de mon ordinateur n’engage que moi, j’ai l’impression qu’une personne qui a vécu les mêmes difficultés que moi, sinon des pires, s’est impunément emparée de ma plume pour raconter sa propre histoire. Sa vie se joue à travers la mienne. Mon parcours est devenu le sien. Mes repères sont devenus les siens. Je ne suis donc pas seule sur ce “noyau de fer”. Je n’écris plus pour moi, j’écris pour celui ou celle qui se voit en moi. Dès lors, comment ne pas nourrir la prétention que mon témoignage, né de doutes et d’incertitudes, réchauffe le coeur d’une personne qui s’accroche aux mêmes rêves et aux mêmes espoirs que moi ? »